Photographie alternative


Au-delà de la peinture, la pratique artistique de Lysiane Bourdon intègre la photographie alternative.


Le sténopé : la magie du temps suspendu

Les images obtenues par la technique du sténopé apparaissent hors du temps, évoquant l’imperfection, la trace floutée, la mémoire effacée et la fragilité.

Cette oeuvre rassemble plus d’une centaine de sténopés, capturés à l’aide d’une boîte en carton de fabrication artisanale. Ensuite, le processus se prolonge en chambre noire, où se révèlent les négatifs ainsi que certains positifs. Plusieurs séries dialoguent entre elles : Le Jardin des Fragilités, Les Dormeuses, L’écrin du Corps, Fenêtre sur Cour. A travers ces images, l’artiste explore le paysage, son propre jardin ou encore le vêtement pensé comme une enveloppe charnelle. Elle réalise également des autoportraits en extérieur et en intérieur, dictés par les longs temps de poses inhérent à cette technique. Déclinés en noir et blanc, ces sténopés laissent parfois s’échapper des teintes sépia, qui viennent accentuer l’athmosphère onirique de l’ensemble.


Le cyanotype : empreintes solaires

Revisitant le cyanotype, un ancien procédé de photographie alternative, Lysiane Bourdon cherche a figer l’empreinte de moments fugaces en s’appuyant sur les éléments naturels. Le soleil et la lumière insolent l’image, tandis que l’eau de pluie recueillie au jardin révèlent les supports, que les plantes viennent ensuite teinter.

Petits formats et nuances colorées

Ses oeuvres se déploient majoritairement sur de petits formats aux nuances de bleu de Prusse, de sépia, de violine, de marron.

Blue Me : oeuvre de grand format

A ce travail de précision répond, par un changement radical d’échelle, une création monumentale intitulée « Blue Me », un papier de 9 mètres de long où la flore du jardin se mêle à l’empreinte de son propre corps. Cette pièce a d’ailleurs valu à l’artiste d’être répertoriée par le site de référence international AlternativePhotography.com

"Blue Me", cyanotype de Lysiane Bourdon constitué d'un autoportrait grandeur nature et des plantes du jardin

« Blue Me » est à la fois une performance, une installation et une photographie géante de 9 mètres de long. Ce cyanotype est d’un seul tenant et sans retour sur le travail. L’autoportrait est grandeur nature, la technique nécessitant de placer le corps entièrement sur le papier pendant le processus d’exposition solaire. les plantes ont été récoltées pendant tout un été au jardin. Une vidéo montre l’ensemble du cyanotype et se termine par le processus d’impression du corps.


Les pellicules argentiques

Lysiane Bourdon filme constamment son quotidien et son environnement proche avec des pellicules argentiques et des appareils photo anciens. Une partie de ces clichés est à découvrir sur cette page dédiée.


Une série nostalgique au coeur des reliefs imaginaires

« J’ai construit une montagne tout au bout du jardin »

Cette série de tirages argentiques est née d’une nostalgie, celle des montagnes environnant autrefois l’un des lieux de vie de l’artiste. Aujourd’hui établie en Belgique, elle a choisi d’explorer son jardin actuel pour y recréer le paysage manquant. A travers l’objectif, le relief plat du jardin accueille la mémoire. Par de minutieuses manipulations physiques du papier – pendant et après le tirage – l’artiste donne naissance à des montagnes imaginaires. Le souvenir se matérialise et réinvente l’horizon familier.